• anathème

    Un anathème désigne aujourd'hui une réprobation générale, une mise à l'index, d'une personne ou d'une idée. Ce mot est notamment utilisé dans des expressions telles que « lancer l'anathème » et « frapper d'anathème ».

    L'origine de ce mot est profondément religieuse et selon les époques désigne une offrande ou un sacrifice, comme chez les Grecs et les Romains. Depuis le Nouveau Testament, il signifie généralement une sentence de malédiction à l'égard d'une doctrine ou d'une personne, spécialement dans le cadre d'une hérésie. C'est cette signification qui est reprise dans le sens généralement utilisé de nos jours.

    anathème /a.na.tɛm/ masculin

    1. (Religion) Sentence de malédiction qui retranche de la communion de l’Église.
      • Heureusement, messieurs, nous ne sommes plus au temps on l'on pouvait s'émouvoir des anathèmes perfectionnés que le Syllabus prodigue à ceux qui le méconnaissent, et nous ne ferons pas aux républicains, même les plus timides, l'injure de croire qu'ils puissent se déterminer par des arguments de ce genre. (Discours d'Émile Combes à Auxerre, 4 septembre 1904)
    2. (Figuré) (Soutenu) Réprobation, blâme solennel.
      • Don Ramon courba la tête sous cet anathème ; le front pâle et l’âme remplie de remords cuisants, il rentra lentement dans l’hacienda. (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, 1858)
    3. (Religion) Celui qui est retranché de la communion des fidèles.
      • Quiconque dira… qu’il soit anathème.
    4. (Par extension) Personne qui est un objet d’opprobre, d’exécration.

    C'est ainsi que par extension et dans un sens plus faible, l'anathème est la réprobation vigoureuse d'une personne ou d'une opinion. Ainsi, « être montré au doigt, c'est le diminutif de l'anathème. » ou la simple exclusion d'un individu par un groupe : « Anathème sur tout ce qui ne vit pas de la pensée ! »

    « ma correction visuelle »