• Holocauste 

    Terme religieux qui désigne « le sacrifice par le feu d’un animal mâle à la robe unie » après immolation, conformément à la tradition du judaïsme (voir pour le mode opératoire dans la Bible le livre Lévitique chapitre 1 versets 1 à 17) ; il est apparu en français au XIIIe siècle de notre ère, emprunté dans la traduction française de la Bible au latin ecclésiastique holocaustum, lui-même tiré du grec ὁλόκαυστον (de ὅλος hólos « en entier » et καυστός kaústos « brûler »).

    Les Grecs pratiquaient aussi une forme d’holocauste dans le cadre des rituels chtoniens, l’ἐνάγισμα (enágisma).

    On l’utilisa par extension de sens pour signifier « la forme la plus contraignante d’adoration religieuse », d’où l’expression « Mieux vaut l’offrande que le sacrifice, mieux vaut le sacrifice que l’holocauste » (Léonce Bourliaguet).

    "Holocauste" et/ou "Shoah"

    Ce terme "Shoah" était déjà utilisé dès le premier tiers du XIXe siècle dans la langue française pour désigner le massacre systématique d’un groupe social ou ethnique.

    En 1894, Bernard Lazare utilise le terme « holocauste » pour parler des Juifs brûlés vifs pendant la peste noire, au Moyen Âge :

    « Quand la peste noire ou la faim sévissait, on offrait les Juifs en holocauste à la divinité irritée ; »[1]

    Puis, en 1978, aux États-Unis le terme d’« holocauste » a servi de titre à une série télévisée de fiction consacrée au génocide des Juifs, exterminés par le régime nazi en Europe sous le Troisième Reich. Cette extermination a entraîné la mort de plus de cinq millions d’entre eux.

    Cependant, pour la tradition juive, un holocauste est un sacrifice :

    1. offert à Dieu pour lui être agréable
    2. fait de chair animale que l’on brûle
    3. fait uniquement sur l’autel du Temple de Jérusalem, qui n’existe plus depuis l’an 70.

    C’est pourquoi le terme d’« holocauste » pour désigner la « Solution finale » est considéré par les Juifs comme un grave contresens. Les francophones européens emploient plutôt le terme de Shoah (« catastrophe » en hébreu) depuis la sortie du film Shoah de Claude Lanzmann regroupant des témoignages de rescapés des camps d’extermination. Tourné en 1985 et d’un style épuré (les images sont celles de ce qu’il restait des camps en 1985), ce film d’une durée totale de 9h30 a été considéré comme un événement historique et cinématographique majeur.

    Le terme « Shoah » est le nom officiel que l’État d’Israël donne à la « Solution finale ». Il s’agit d’une décision du Parlement israélien (Knesset) du 12 avril 1951, à l’occasion de la fixation du jour national du souvenir (Yom Ha-Shoah Ve Mered Ha-Getaot).


  • LIED, LIEDER, LIEDS, subst. masc.
    A. − Courte pièce de musique vocale, de caractère populaire ou savant, chantée sur un texte en langue germanique. Lied allemand; lied classique, romantique; lied de soliste, de concert; cycle de lieder; lieder de Haydn, de Beethoven, de Schubert, de Schumann, de Brahms. L'idée me vint que le maire de Felsenbourg avait reçu la croix pour avoir amené son village, dans des voitures entourées de guirlandes, à la rencontre de Marie-Louise, en chantant de vieux lieds (Erckm.-Chatr., Conscrit 1813, 1864, p. 110). Avec quelle grâce chevaleresque et fière Siegmund le chante [le chant du Printemps, dans la Walkyrie de Wagner]! Son adorable lied (...) mènera la scène à une conclusion de puissance, d'enthousiasme inimaginables (Bruneau, Mus. hier et demain, 1906, p. 12) :
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    Rolland, J.-Chr., Aube, 1904, p. 50.


  • LOGORRHÉE, subst. fém.
    Bavardage intarissable et oiseux; besoin irrésistible de parler, observé particulièrement dans les états d'excitation de certaines affections mentales. On a bien nommé « fuite des idées » cette diversion perpétuelle du flux psychique, et logorrhée l'écoulement désordonné et entrecoupé des paroles qui l'accompagne (Mounier, Traité caract., 1946, p. 192). Gavraine est atteint de logorrhée, expliqua le comte (H. Bazin, Tête contre murs, 1949, p. 78).
    REM. Logorrhéique, adj. Qui tient de la logorrhée. Et sans doute la poésie logorrhéique de ces dernières années aura le même sort que les vers à l'aune du temps des bergeries (Aragon, Crève-cœur, 1941, p. 76).
    Prononc. : [l
    ɔgɔʀe]. Étymol. et Hist. 1823 (Boiste). Production à partir de l'élém. préf. logo- et de -rrhée tiré du gr. ñ̔
    åéÞí « couler », sur le modèle de termes comme diarrhée*. Bbg. Quem. DDL t. 4.